Rick Dangerous, c’est un peu le jeu qui vous apprend l’humilité. Un chapeau, un pistolet, quelques bâtons de dynamite, et un nombre incalculable de façons de mourir. Ce petit aventurier en pixels a fait rager toute une génération de joueurs sur Atari ST et Amiga, et pourtant on y revient toujours.
Ma vidéo est un longplay d’environ 46 minutes. Si vous avez déjà essayé le jeu, vous savez que voir une partie avancer aussi loin, c’est déjà une forme de satisfaction.
Avant Lara Croft, il y avait Rick
Rick Dangerous est développé par Core Design et publié en 1989 par Firebird, label de MicroProse au Royaume-Uni. Oui, Core Design, le futur studio de Tomb Raider. Selon Atarimania, la version ST doit sa programmation à Simon Phipps, ses graphismes et son game design à Simon Phipps et Terry Lloyd, et sa musique à Ben Daglish. Le jeu tient sur une seule disquette et tourne sur un ST de base.
L’inspiration est évidente : Indiana Jones. L’ouverture du jeu, avec son rocher qui dévale derrière le héros dans un temple, est un clin d’œil assumé à la scène culte des Aventuriers de l’arche perdue.
Quatre mondes, mille pièges
Le jeu enchaîne plusieurs environnements très différents : un temple sud-américain, des pyramides égyptiennes, un château allemand et une base militaire secrète. À chaque fois, on progresse écran par écran, avec des plateformes, des échelles et surtout des pièges partout.
Rick dispose de trois moyens d’action : un pistolet aux munitions limitées, de la dynamite à poser et un bâton pour frapper ou déclencher certains mécanismes. Tout le sel du jeu tient dans la bonne utilisation de ces ressources. Gaspiller ses balles au début d’un niveau peut vous laisser démuni au moment où un ennemi vous barre le passage.
La mémoire comme arme principale
Soyons clairs : Rick Dangerous est un jeu de mémoire. Une pique jaillit du sol, une flèche part d’un mur, un bloc tombe du plafond, et l’on ne pouvait pas le deviner avant. On meurt, on retient, on recommence. C’est volontairement cruel, parfois injuste, mais le ton humoristique et le rythme rapide des tentatives font passer la pilule.
C’est aussi ce qui rend un longplay intéressant à regarder : chaque passage réussi est le fruit de plusieurs échecs. Pour qui voudrait se lancer, regarder la vidéo avant de jouer n’est pas de la triche, c’est presque un mode d’emploi.
Une réalisation sobre mais efficace
Graphiquement, Rick Dangerous joue la carte de la clarté : des sprites petits mais expressifs, des décors lisibles, une animation soignée pour le héros. La musique de Ben Daglish est courte mais accrocheuse, et les bruitages font le travail. Rien de spectaculaire, mais tout est au service du gameplay.
Les défauts, franchement
Le jeu peut être décourageant. Les morts « surprises » sont nombreuses, le nombre de vies est limité, et certains passages exigent une précision au pixel près. Un joueur d’aujourd’hui, habitué aux points de sauvegarde fréquents, risque de décrocher avant la fin du premier monde. Heureusement, l’émulation permet de sauvegarder l’état de la machine à tout moment, ce qui rend l’expérience bien plus accessible.
Y jouer aujourd’hui
Hatari et Steem SSE font tourner le jeu sans difficulté. Les sauvegardes d’état de l’émulateur sont un bon compromis si vous voulez voir la fin sans y passer des semaines. Il existe aussi des portages non officiels réalisés par des fans, comme Xrick, qui permettent de jouer sur des machines modernes, mais ce n’est plus la version ST.
La suite et les cousins
La suite logique est bien sûr Rick Dangerous 2, sorti en 1990, qui envoie Rick dans des décors plus futuristes. Pour d’autres jeux de plateforme exigeants sur ST, voyez Gods, Another World ou le plus coloré Rainbow Islands.
Mon verdict
Rick Dangerous est un jeu méchant, mais un jeu honnête dans sa méchanceté : on sait qu’on va mourir, et on y retourne quand même. C’est l’un des titres les plus emblématiques de l’Atari ST, et un excellent témoin de l’humour britannique de l’époque. À essayer, avec patience et quelques sauvegardes d’état.
FICHE DU JEU
- Jeu
- Rick Dangerous
- Machine
- Atari ST
- Sortie
- 1989
- Référence
- Rick Dangerous sur Atarimania
Y rejouer aujourd'hui
L'émulateur libre Hatari reproduit l'Atari ST sous Windows, macOS et Linux. Il lui faut l'image disque du jeu, à tirer de votre propre disquette. Les versions originales se trouvent encore d'occasion, et certains éditeurs ont réédité leurs titres.