Tout le monde se souvient de Speedball 2 : Brutal Deluxe. Beaucoup moins de joueurs ont passé du temps sur le premier Speedball, sorti en 1988 chez Image Works. C’est dommage, parce que tout est déjà là : une arène métallique, une balle d’acier, et un sport où l’on marque des points autant en cognant l’adversaire qu’en visant le but.
Dans ma vidéo, un longplay d’environ 43 minutes, on voit enchaîner les matchs sur la version Atari ST. De quoi juger sur pièce de ce que valait ce premier essai.
Le deuxième jeu des Bitmap Brothers
Après Xenon, les Bitmap Brothers changent complètement de registre avec Speedball. Le jeu marque aussi le début de leur collaboration avec Image Works, le label de Mirrorsoft, qui deviendra leur éditeur européen pour la suite. Sur la version ST, Atarimania crédite Mark Coleman aux graphismes et David Whittaker à la musique et aux bruitages. Le jeu sort la même année sur Amiga et PC, puis sur Commodore 64 en 1989.
Un sport imaginaire, des règles simples
Speedball emprunte au handball et au hockey sur glace, avec une bonne dose de violence en plus. Deux équipes s’affrontent dans une arène fermée, vue de dessus, avec un défilement vertical. Le but est simple : envoyer la balle dans le but adverse. Mais le jeu récompense aussi le jeu dur, et plaquer un adversaire au bon moment fait partie intégrante de la stratégie.
Pendant les matchs, des objets et des pièces apparaissent sur le terrain. Les ramasser donne un avantage temporaire ou permet d’améliorer son équipe. C’est un petit détail qui change tout : on ne court pas seulement après la balle, on arbitre en permanence entre attaquer, défendre et aller chercher un bonus.
Ce qui fonctionne toujours
La prise en main est immédiate. Un joystick, un bouton, et l’on comprend en quelques secondes. La physique de la balle, qui rebondit sur les parois de l’arène, donne des situations de jeu variées, et les matchs sont courts et nerveux. À deux joueurs, c’est un excellent jeu de canapé, avec ce côté « encore une » qui caractérise les bons jeux de sport arcade.
Graphiquement, on retrouve le style maison : des tons métalliques, des joueurs en armure, un univers froid et un brin cynique. La musique de David Whittaker, là encore, participe beaucoup à l’ambiance.
Ce qui a vieilli
Face à sa suite, le premier Speedball paraît forcément plus maigre. Il y a moins d’options de gestion, moins de variété dans les équipes, et l’arène est plus petite. L’intelligence artificielle adverse peut aussi se montrer répétitive une fois qu’on a compris ses habitudes. Seul contre l’ordinateur, l’intérêt baisse plus vite qu’à deux.
C’est justement ce que Speedball 2 corrigera deux ans plus tard, avec un terrain plus grand, une vraie gestion d’équipe et une présentation encore plus soignée. Le premier reste donc un brouillon brillant, pas un jeu complet.
Y rejouer aujourd’hui
Le jeu tient sur une seule disquette et tourne sur un ST de base avec 512 Ko de mémoire, ce qui facilite l’émulation avec Hatari ou Steem SSE. Pour le jeu à deux, prévoyez deux manettes reconnues par votre émulateur : c’est comme ça que le jeu se savoure le mieux.
Autres jeux de sport à voir sur la chaîne
Si vous aimez le sport version ST, jetez un œil à Kick Off 2 et Sensible Soccer pour le football, ou à Killerball, autre sport futuriste musclé. Pour rester chez les Bitmap Brothers, Gods et The Chaos Engine montrent jusqu’où le studio est allé ensuite.
Mon verdict
Speedball n’a pas la richesse de Brutal Deluxe, mais il en a déjà l’âme. Si vous êtes curieux de voir comment une idée devient une licence culte, ce premier match vaut le détour, surtout à deux joueurs.
FICHE DU JEU
- Jeu
- Speedball
- Machine
- Atari ST
- Sortie
- 1988
- Référence
- Speedball sur Atarimania
Y rejouer aujourd'hui
L'émulateur libre Hatari reproduit l'Atari ST sous Windows, macOS et Linux. Il lui faut l'image disque du jeu, à tirer de votre propre disquette. Les versions originales se trouvent encore d'occasion, et certains éditeurs ont réédité leurs titres.