Harricana. Un nom qui évoque le froid, la neige, et quelques mois de 1990 où je passais mes week-ends à lutter contre le blizzard virtuel sur mon Atari ST. Lankhor, ce studio français basé à Roubaix, avait réussi quelque chose d’assez rare : créer un jeu de course sur un thème aussi niche que la motoneige et en faire quelque chose de vraiment jouable, voire addictif.
La course Harricana était une vraie compétition qui existait dans la réalité, une traversée hivernale du Canada en motoneige. Lankhor s’était emparé de ce concept pour créer un jeu de simulation sportive qui tranchait avec les courses de voitures et de motos qui envahissaient le marché à cette époque.
De la neige, des virages et du panache
Le gameplay d’Harricana vous mettait aux commandes d’une motoneige dans une vue en perspective légèrement isométrique. Les pistes défilaient devant vous, parsemées d’obstacles, de virages serrés et de zones où la visibilité diminuait drastiquement lors des tempêtes. Il fallait gérer la vitesse, anticiper les virages, et surtout ne pas tomber en panne d’essence au milieu de nulle part.
Ce que Lankhor avait réussi admirablement, c’était l’impression de vitesse. Sur Atari ST, le scrolling était fluide, et la sensation de foncer sur une piste enneigée était vraiment convaincante. Les effets de neige volant autour de la motoneige ajoutaient une couche de réalisme qui, pour 1990, était impressionnante.
La gestion des ressources était un élément central du jeu. Gérer son carburant, ses pièces de rechange, et le timing de ses arrêts aux ravitaillements était aussi important que la pure pilotage. Harricana n’était pas qu’un jeu de réflexes, c’était aussi un minimum de stratégie.
Lankhor, joyau français méconnu
Lankhor était à la fin des années 80 et au début des années 90 l’un des studios français les plus créatifs sur Atari ST. Ils avaient notamment créé Vroom, un jeu de Formule 1 qui avait fait date, et plusieurs aventures graphiques de qualité. Harricana montrait leur capacité à s’attaquer à des genres différents avec le même sérieux.
Ce qui caractérisait les jeux Lankhor, c’était une attention particulière à la réalité du sujet traité. Harricana n’était pas une course de motoneige inventée de toutes pièces : c’était basé sur une vraie compétition, avec des paysages qui évoquaient réellement le Grand Nord canadien. Cette authenticité se ressentait dans l’expérience de jeu.
Unique dans son genre
En 1990, je défi quiconque de trouver un autre jeu de motoneige sur Atari ST qui valait Harricana. La niche était tellement spécifique qu’Harricana était pratiquement sans concurrence directe. Sur Amiga, la situation était similaire. Ce monopole de fait avait ses avantages : Lankhor n’avait pas à se positionner par rapport à des concurrents directs et pouvait se concentrer sur la qualité intrinsèque du jeu.
Pourquoi y rejouer ?
Pour l’ambiance hivernale, la maniabilité encore agréable, et la nostalgie d’un jeu qui n’essayait pas d’être autre chose que ce qu’il était. En hiver surtout, lancer Harricana dans un émulateur a quelque chose de réconfortant. Comptez une vingtaine de minutes pour retrouver vos marques, puis vous serez bon pour deux heures de course dans la neige virtuelle.
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Conclusion
Harricana sur Atari ST est un exemple parfait du savoir-faire français dans le jeu vidéo des années 90. Lankhor a pris un sujet insolite, la course de motoneige au Canada, et en a fait un jeu de course mémorable. Original dans son thème, solide dans son exécution, c’est le genre de titre qui fait la richesse du catalogue Atari ST. La chaîne AtariGreenlog vous invite à le redécouvrir.
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